Le Quartier Michelet

De la prairie du Breuil au lycée de filles

Belle page d’histoire de notre cité mariale hors les murs d’enceinte, commentée, ce jeudi en fin de journée, à la salle Germaine Romeuf par Dominique Brunon, Architecte des Bâtiments de France, invité par les Anciennes et Anciens du lycée Simone Weil pour leur « causerie » an- nuelle. L’évolution de l’urbanisme aux alentours du lycée d’Etat de jeunes filles, tel était le sujet qui permettait d’aborder par étapes successives le passé de la ville.

Le conférencier évoquait, d’emblée et illustrations à l’appui, l’existence de l’ancienne prairie du Breuil « espace herbeux clos propriété de l’Evêché et devenu bien national à l’époque de la Révolution ». Ce lieu ouvert couvrait, en un seul tenant, les actuelles places aux Laines, du Breuil et Michelet jusqu’à l’îlot St-Haon (emplacements pharmacie Centrale, Majestic) et la propriété Brolles. Il fut, au XVIIIéme siécle, sous l’impulsion du premier In- génieur des Ponts nommé en 1716, lieu de convergences des routes du Midi, de Lyon et d’Auvergne, é un moment ou les artisans se plaignaient de « l’enclavement de la ville ». Artisans fort réputés pour leur savoir-faire qui étaient regroupés aux portes du Breuil : tanneurs le long du Dolaizon (maisons à Baccarat surmontées de séchoirs) ou fondeurs rue de la Fonderie. Les laveuses quant à elles se regroupaient au vent l’Emporte au-delà des moulins de la rue éponyme.

C’est à partir de 1824 que le domaine du Breuil se structure avec l’implantation de la Préfecture, empreinte du style architectural italien en vogue. En 1840, la création du Tribunal qui délimite les futures places du Breuil et Michelet crée un « tollé général », sa démolition est requise par les acteurs économiques qui voient d’un mau- vais œil cette coupure en deux espaces. Mais en 1859, le conseil municipal adopte le principe de découpage en deux places. Le théâtre et le lycée d’Etat de jeunes filles complètent ces bâtiments majeurs de notre centre- ville, ils sont inaugurés le 9 juillet 1893 par Raymond Poincaré, Ministre de l’Instruction Publique et des Cultes, qui parle, un peu maladroitement, « d’une éducation modelée pour la femme » mais s’empresse d’ajouter « pour des connaissances sérieuses avec de larges vues ouvertes sur tous les horizons de la littérature, de l’art et de la science ».

Aprés cette conférence et un temps de questions-réponses, la vingtaine de participants découvrait ou redécouvrait sous la conduite de Jean-Pierre Fradin, service Education-Jeunesse à la mairie, le Lycée qui fut entre 1892 et 1963 (avant l’installation à Joffre, devenu Simone Weil en 1972) un lieu d’enseignement pour les jeunes filles avant la réforme des collèges. Les pierres murmuraient, alors, les secrets de milliers de lycéennes qui avaient acquis, ici, « le goût de la réflexion et l’esprit de tolérance » selon les propos de Monique Cubizole. 

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