Histoire du Baccalauréat

Bachelier, bachelière, vous l'êtes tous et toutes mais le mot dans sa signification actuelle, vous le savez, nous le devons à Napoléon 1er, quand il décida d'en faire un diplôme d'entrée à l'université. Ceci dans le but de former des élites indispensables au fonctionnement du pays, en apportant « les connaissances premières nécessaires à ceux qui sont appelés à remplir des fonctions publiques, à exercer des fonctions libérales ou à vivre dans les classes éclairées de la société ».

C'est par un décret du 17 mars 1808 que Napoléon rétablit les universités d'Ancien Régime et restaure en même temps une « maitrise es arts » qu'il nomme baccalauréat.

Ce décret arrête en réalité les grades universitaires :baccalauréat, licence et doctorat; ainsi que les conditions d'accès : pour le bac, il faut avoir au minimum 16 ans. Cinq baccalauréats sont créés : lettres, sciences (mathématiques et physique), médecine, droit et théologie.

Mais dans la réalité c'est le bac littéraire qui sanctionne les études secondaires et permet de passer les autres.

Les candidats subissent des épreuves orales de 45 mn, chacune privilégiant la culture gréco-latine.

Huit candidats sont interrogés en même temps sur les auteurs grecs et latin, la géographie, l'histoire et la philo- sophie. On n'attribue pas de notes mais une appréciation << très bien, bien, assez bien ou mal ». 31 candidats, tous issus de la haute bourgeoisie, sont reçus en 1809, 666 en 1810 . Ils seront 3000 en 1830. Puis l'obtention du baccalauréat, qui consiste simple- ment en une épreuve orale, est jugée trop facile. En 1830 est introduite une épreuve écrite, une compo- sition en français, mais en 1840, c'est la version latine qui détermine l'admissibilité à l'oral.

C'est aussi à cette époque qu'apparaît le bachotage :s'ouvrent en effet des boites à bac ou fours à bachot (pour préparer les 500 questions proposées au tirage. Le système de notation connaît une évolution importante en 1854. On passe en effet à une autre méthode qui consiste en un vote à l'aide de trois boules : une rouge pour un avis positif, une blanche pour l'abstention ou un avis moyen et une boule noire pour un avis défavorable.

Que se passe-t-il si le candidat a plus de boules noires? Il est « blackboulé »,terme évidemment emprunté à l'anglais et qui est entré dans la langue au milieu du XIXe siècle. A la fin du XIXe siècle, l'enseignement des lettres diminue au profit des mathématiques et des matières scientifiques, conséquence directe de la révolution industrielle.

En 1880, Jules Ferry, par décret, met fin au monopole du latin, de moins en moins usité, au profit de la littérature française.

Entre temps, la « loi Ferry» a rendu obligatoire l'éducation primaire. L'école publique est laïque et gratuite pour tous. Mais cette histoire ne concerne jusque-là que les candidats.

Quid des candidates ?
Certes, on rencontre déjà le terme de « bachelière »,féminin de bacheler, chez Villon, qui nomme ainsi « celle qui est capable de prêcher parce qu'elle sait sa Bible ».

Voltaire, désigne sous ce nom Eve qui, selon lui, «tâta de l'ar- bre de la science avant son mari »,formule des plus ambigues ...

Au XIXe, la bache- lière désigne « une femme du quartier latin qui est juste assez savante pour conduire un bachot en Seine et non pour passer en Sorbonne » ! Le bac, ramené au sens de récipient et par extension d' embarcation, qui permet de passer sur l'autre rive, en quelque sorte un rite de passage. Il a en effet fallu attendre longtemps avant de voir une femme obtenir le diplôme. Réservé, comme nous l'avons dit, à une toute petite frange d'une génération et de la société, « brevet de bourgeoisie », il est aussi réservé aux hommes.

Si la loi Falloux créa en 1850 des écoles de filles dans les communes de plus de 800 habitants, elles ne pourront cependant pas passer l'examen, faute d'apprentissage du latin, toujours indispensable pour passer le diplôme d'en- trée à l'université. En réalité, ce sont les lois Ferry qui autorisent les jeunes filles à accéder au lycée et à y obtenir un certificat d'étude spécifique. Et ce n'est qu'en 1924 qu'il leur est possible de passer le baccalauréat, lorsque les programmes secondaires de- viennent communs entre filles et garçons.

Ainsi, quand Simone Weil passa son bac, à l'âge de 16 ans, en 1924, elle inaugura en quelque sorte la nouvelle formule du bac égalitaire avec, enfin, l'uniformisation de l'enseignement secondaire des filles et des garçons :contenu, durée, horaires et diplôme. Mais avant elle, il y eut des pionnières, dont la première va vous être présentée par Martine.

Simone Mourier 

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